La fille de l’Espagnole de Karina Sainz Borgo, ou les ombres folles de Caracas

PORTRAIT – La romancière vénézuélienne publie un magistral premier roman, saturé de violence, d’espoir et de lumière.

Karina Sainz Borgo signe un premier roman au lyrisme noirci, aux scintillements ensorceleurs. Francois Bouchon/François Bouchon / Le FigaroPortrait de Karine Sainz Borgo, écrivain Paris le 11/12/2019 Photo François Bouchon / Le Figaro

«C’est un livre plein de rage et de colère, à travers leurs multiples métamorphoses. Un roman sur la perte et la faute, sur le sentiment de culpabilité qui ronge ceux qui survivent.» Confortablement installée dans les salons d’un discret hôtel parisien, Karina Sainz Borgo parle avec passion, sans pudeur et sans ostentation, de La Fille de l’Espagnole, son premier roman, à la terrible charge émotionnelle, qui a déjà séduit des dizaines de milliers de lecteurs de l’autre côté des Pyrénées et qui a été traduit dans plus d’une vingtaine de pays.

Un succès aussi inattendu qu’amplement justifié pour cette Vénézuélienne de 37 ans, qui a choisi de vivre et d’écrire à Madrid depuis 2006. L’histoire et la chronique de la lutte de la jeune Adelaida Falcon, dans une Caracas en proie aux pénuries de toutes sortes, aux émeutes et à la guérilla urbaine, alors que le régime autoritaire est aux abois et que le ciment social tombe en morceaux, sur cette «terre saturée de canne à sucre et de chaleur».